Girouard v Canada (AG), 2019 FC 1282
| [195] Le juge Girouard allègue qu’il y a eu violation de ses droits linguistiques. Toutefois, dans ses représentations écrites et lors de ses représentations orales, la nature précise des droits violés n’a pas été clairement énoncée. Selon ma lecture, la plainte principale avancée par le juge Girouard est la même que celle avancée par les membres dissidents du deuxième panel du Conseil. Les membres dissidents étaient d’avis que, pour conclure qu’il y a eu respect de l’équité procédurale, tous les membres du Conseil, y compris ceux qui ne comprennent pas le français, devaient avoir accès à la même documentation. Puisque la transcription de quelques milliers de pages de notes sténographiques prises lors des audiences devant le premier et le deuxième Comité d’enquête n’ont pas été traduites en anglais, les membres unilingues anglophones n’avaient pas forcément accès aux mêmes renseignements que ceux qui comprenaient le français. Le juge Girouard soutient qu’on ne lui a donc pas accordé une audience équitable et que pour cette raison, la décision du Conseil doit être annulée. Selon les membres dissidents et le juge Girouard, il est tout simplement injuste que les décideurs ne soient pas en mesure de comprendre le dossier complet sur lequel ils sont tenus de rendre jugement. | [195] Justice Girouard alleges that his language rights were violated. However, in his written and oral submissions, the specific nature of the rights violated was not clearly stated. Based on my reading, the main complaint brought forward by Justice Girouard is the same as the one brought forward by the dissenting members of the second panel of the Council. The dissenting members were of the opinion that, to conclude that procedural fairness was respected, all members of the Council, even those who do not understand French, had to have access to the same documentation. Since transcripts of several thousand pages of stenographic notes taken during the hearings of the first and second Inquiry Committees were not translated into English, unilingual anglophone members did not necessarily have access to the same information as those who understood French. Justice Girouard argues that he was therefore not given a fair hearing and that, for that reason, the Council’s decision must be set aside. According to the dissenting members and to Justice Girouard, it is simply unfair that decision-makers are not able to understand the complete record on which they are to make a decision |
| [198] Selon les différentes circonstances qui se présentent devant une cour ou un tribunal dans un cas donné, divers droits linguistiques sont accordés à un individu qui comparait. Les droits qui sont pertinents en l’espèce sont les suivants :
Le droit de plaider dans sa langue officielle; et
Le Droit d'être entendu devant un tribunal où celui ou celle qui entend l'affaire comprend la langue officielle choisie par l'individu. |
[198] Depending on the circumstances before a court or tribunal in a given case, various language rights are granted to an individual appearing before it. The relevant rights in this case are the following: the right to plead in one’s official language; and
the right to be heard by a court in which the person hearing the matter understands the official language chosen by the individual. |
| [199] Même lorsqu’il n’y a pas de droit linguistique en jeu ou lorsque les droits linguistiques ont été respectés, l’accès à la traduction des transcriptions au bénéfice du décideur soulève en effet une question d’équité procédurale. Dans les paragraphes qui suivent, j’analyserai les atteintes aux droits linguistiques telles qu’elles sont invoquées par le juge Girouard ainsi que la question d’équité procédurale. | [199] Even where there are no language rights in issue or where the language rights have been respected, access to translated transcripts for the benefit of the decision-maker does indeed raise an issue of procedural fairness. In the paragraphs below, I will analyze the language-rights violations alleged by Justice Girouard, as well as the issue of procedural fairness. |
| [201] À mon avis, dans la mesure où ces lois accordent au juge Girouard le droit de plaider sa cause dans la langue officielle de son choix, ce droit a été pleinement respecté. En effet, le juge Girouard a pu témoigner et plaider sa cause dans la langue qu’il a choisie et le Conseil s’est assuré que toute la preuve, ainsi que toutes les décisions rendues, lui ont été fournies dans la langue officielle de son choix. | [201] In my view, to the extent that these statutes grant Justice Girouard the right to plead his case in the official language of his choice, the right was fully respected. Justice Girouard was able to testify and argue his case in his chosen language, and the Council ensured that all of the evidence and all of the decisions rendered were provided to him in the official language of his choice. |
| [202] La Loi sur les langues officielles s’applique aux institutions fédérales. La définition d’institutions fédérales est très large et comprend le Conseil. La partie III de cette loi prévoit que certaines « institutions fédérales » sont assujetties à des obligations particulières. Lorsqu’une institution fédérale est un « tribunal fédéral » tel que défini par cette loi, l’article 16 stipule que le tribunal doit comprendre « le français sans l’aide d’un interprète lorsque les parties ont opté pour que l’affaire ait lieu en français. » Le juge Girouard a choisi de témoigner et de plaider l’affaire en français. Ainsi, si le comité d’enquête et le Conseil sont des tribunaux fédéraux, les membres du deuxième Comité d’enquête et du Conseil qui ont entendu l’affaire doivent comprendre le français, la langue officielle choisie par le juge Girouard. | [202] The Official Languages Act applies to federal institutions. The definition of “federal institution” is very broad and includes the Council. Part III of this statute provides that some federal institutions are subject to specific obligations. When a federal institution is a “federal court”, as defined by this statute, section 16 requires that, “if French is the language chosen by the parties for proceedings conducted before it in any particular case”, the court must understand “French without the assistance of an interpreter”. Justice Girouard chose to testify and argue his case in French. Therefore, if the Inquiry Committee and the Council are federal courts, the members of the second Inquiry Committee and of the Council who heard the matter must be able to understand French, the official language chosen by Justice Girouard. |
| [203] En l’espèce, il est établi que les membres du deuxième Comité d’enquête comprenaient tous le français. Par contre, il est tout aussi clair que certains membres du Conseil ne comprenaient pas le français. Ainsi, si le Conseil est un tribunal fédéral pour les fins de la Loi sur les langues officielles, il y a eu enfreinte aux droits linguistiques du juge Girouard. | [203] In this case, it has been established that the members of the second Inquiry Committee all understood French. However, it is equally clear that some members of the Council did not understand French. Therefore, if the Council is a federal court for the purposes of the Official Languages Act,Justice Girouard’s rights were violated. |
| [204] À mon avis, quoique le Conseil soit une institution fédérale telle que définie dans la Loi sur les langues officielles, il n’est pas compris dans la définition de « tribunal fédéral » tel qu’établi par cette loi. Il n’est donc pas tenu de répondre aux exigences de l’article 16 de la Loi sur les langues officielles. Je m’explique. | [204] In my opinion, although the Council is a federal institution, as defined in the Official Languages Act, it is not included within the definition of “federal court”, as established by that statute. It is therefore not bound by the requirements of section 16 of the Official Languages Act. I will explain. |
| [206] Comme nous l’a expliqué la Cour suprême du Canada dans Ruffo, l’enquête concernant une plainte déposée auprès d’un conseil de la magistrature n’est pas « l’essence d’un litige dominé par une procédure contradictoire mais se veut plutôt l’expression de fonctions purement investigatrices, marquées par la recherche active de la vérité » (Ruffo au para 72). Une plainte ou une demande d’enquête déclenche une enquête, mais « n’a pas pour effet d’initier une procédure litigieuse entre deux parties » (Ruffo au para 73). Bien que Ruffo traitait du Conseil de la magistrature du Québec et non du Conseil, les structures et les objectifs des deux entités sont sensiblement les mêmes. | [206] As the Supreme Court of Canada explained in Ruffo, the investigation of a complaint lodged with a judicial council does not “resemble litigation in an adversarial proceeding; rather, it is intended to be the expression of purely investigative functions marked by an active search for the truth” (Ruffo at para 72). A complaint, or a request for an inquiry, sets the inquiry process in motion, but its “effect is not to initiate litigation between the two parties” (Ruffo at para 73). Ruffo may have dealt with the Conseil de la magistrature du Québec rather than the Council, but the structures and objectives of both entities are essentially the same. |
| [206] As the Supreme Court of Canada explained in Ruffo, the investigation of a complaint lodged with a judicial council does not “resemble litigation in an adversarial proceeding; rather, it is intended to be the expression of purely investigative functions marked by an active search for the truth” (Ruffo at para 72). A complaint, or a request for an inquiry, sets the inquiry process in motion, but its “effect is not to initiate litigation between the two parties” (Ruffo at para 73). Ruffo may have dealt with the Conseil de la magistrature du Québec rather than the Council, but the structures and objectives of both entities are essentially the same. | [207] Thus, when the function of the proceedings of the federal institution is investigative and there is neither a prosecutor nor a dispute in the traditional sense, the institution is not a federal court within the meaning of the statute because it does not carry out adjudicative functions (see Hanna v Mission Establishment (1995), 102 FTR 275 at p 10, 28 WCB (2d) 541 (FC); Bélair v Canada (Attorney General), 2000 CanLII 14967 (FC)). |
| [210] Selon la dissidence, il y a eu un déni du droit du juge Girouard « à une audience équitable, un déni fondé sur le défaut du Conseil de s’assurer que tous les participants au processus décisionnel pouvaient comprendre et évaluer l’ensemble du dossier » (Rapport du deuxième panel du Conseil, dissidence au para 8). À l’appui, la dissidence a cité l’arrêt Valente, ainsi que le principe voulant que « celui qui tranche doit entendre ». Selon la dissidence, « le décideur qui entend une affaire sur la base d’un dossier écrit, lequel comprend une transcription, doit pouvoir être en mesure de lire la transcription » (Rapport du deuxième panel du Conseil, dissidence au para 3). La dissidence note ensuite que « la Politique sur l’examen du rapport du comité d’enquête par le Conseil de 2010 prévoyait expressément que ‘L’examen du Conseil est fondé sur le dossier et le rapport du comité d’enquête’ (de même que sur les observations écrites du juge et de l’avocat indépendant) » (Rapport du deuxième panel du Conseil, dissidence au para 3). | [210] According to the dissent, there was a denial of Justice Girouard’s right “to a fair hearing; a denial founded on Council’s failure to ensure that all participants in the decision-making process could understand and consider the complete record” (Report of the Second Panel of the Council, Dissent at para 8). In support, the dissent cited Valente, as well as the principle that “he who decides must hear”. According to the dissent, “he who decides on the strength of a written record, which includes a transcript, must be able to read the transcript” (Report of the Second Panel of the Council, Dissent at para 3). The dissent then notes that “the 2010 CJC Policy on Council Review of Inquiry Committee Report expressly provided that ‘The review by the Council is based on the record and report of the Inquiry Committee and on written submissions by the judge and by independent counsel’” (Report of the Second Panel of the Council, Dissent at para 3). |
| [214] Au départ, j’estime qu’il est essentiel de bien cerner la question. Est-ce que c’est une question de droit linguistique, comme le prétend le juge Girouard, ou est-ce uniquement une question d’équité procédurale? À l’appui de son allégation voulant que l’absence d’un dossier complètement traduit viole ses droits linguistiques, le juge Girouard cite la Loi sur les langues officielles, l’article 133 de la Loi constitutionnelle et les articles 14, 16 et 19-22 de la Charte. Tel que je l’ai noté précédemment, les droits accordés par la Loi sur les langues officielles et cités par le juge Girouard ainsi que l’article 133 de la Loi constitutionnelle ont tous été respectés. Dans la présente affaire, ces articles n’exigent pas que le dossier complet soit traduit pour un décideur comme le Conseil et ils ne sont donc pas pertinents à cette phase de mon analyse de la décision du Conseil. | [214] It is important to properly identify the issue at the outset. Is this a language rights issue, as Justice Girouard claims, or is it simply a question of procedural fairness? In support of his allegation that the lack of a fully translated record violates his language rights, Justice Girouard cites the Official Languages Act, section 133 of the Constitution Act and sections 14, 16 and 19–22 of the Charter. As I noted above, the rights conferred by the Official Languages Act and cited by Justice Girouard, as well as section 133 of the Constitution Act, have all been respected. In this case, these provisions do not require that the full record be translated for a decision-maker such as the Council and are therefore not relevant to this part of my analysis of the Council’s decision. |
| [218] Il est important de ne pas confondre les droits linguistiques et la question d’équité procédurale. À mon avis, les droits linguistiques ont tous été respectés. Seule la question d’équité procédurale reste pertinente à cette étape de l’analyse. S’agissant donc d’une question de justice naturelle, l’analyse est sensiblement la même, peu importe la langue utilisée par la personne affectée. | [218] It is important not to conflate language rights with the issue of procedural fairness. In my view, all of the language rights have been respected. The sole issue that remains at this stage of the analysis is whether there was a breach of Justice Girouard’s right to procedural fairness. Since we are dealing with a question of natural justice, the analysis is essentially the same regardless of the language used by the person affected. |
| [219] Certes, l’idéal, voir même l’objectif, dans un pays bilingue est que, quel que soit la langue officielle choisie par un citoyen, celui-ci serait assuré que tout décideur, tribunal, office, ou autre groupe chargés de fonctions administratives sous le régime d’une loi fédérale avec lequel le citoyen interagit serait en mesure de le comprendre, en l’une ou l’autre des deux langues officielles choisies par le justiciable. Au minimum, le dossier au complet serait traduit dans l’autre langue officielle si l’autorité ne comprenait pas la langue officielle choisie. Cela assurerait que l’utilisation d’une ou l’autre langue officielle serait sans pertinence. Ainsi, quelle que soit la langue officielle choisie, l’autorité impliquée, même en appel, pourrait consulter le dossier complet et comprendre le témoignage rendu par l’individu, et ce, sans le besoin de traduction, ou grâce à la traduction du dossier complet. Ce n’est pas, par contre, la situation actuelle au Canada. Tel que signalé par la majorité du deuxième panel du Conseil, certaines cours d’appel décident des appels où le dossier est en partie en français, et ce, malgré le fait que certains des juges sont unilingues anglophones (voir Sébastien Grammond & Mark Power, « Should Supreme Court Judges be Required to be Bilingual? » dans Nadia Verelli, dir, The Democratic Dilemma: Reforming Canada’s Supreme Court, Montréal, McGill Queen’s University Press, 2013, 49 à la p 51). Il en est de même pour la Cour suprême du Canada. Ainsi, en l’absence de droit linguistique, la question en est une d’équité procédurale. | [219] Naturally, in a bilingual country, the ideal, perhaps even the goal, is that, regardless of the official language chosen by a citizen, that individual may rest assured that any decision-maker, tribunal, board or other group established to perform a governmental function pursuant to an Act of Parliament with whom he or she interacts would be able to understand him or her in one or the other of the two official languages chosen by the individual. At the very least, the full record would be translated into the other official language if the authority did not understand the official language chosen. This would ensure that the use of one or the other official language would be irrelevant. Therefore, regardless of the official language chosen, the authority involved, even on appeal, could consult that complete record and understand the testimony given by the individual without the need for translation, or as a result of the translation of the full record. This is not, however, the current state of affairs in Canada. As pointed out by the majority of the second panel of the Council, certain appellate courts decide appeals in which the record is partly in French, despite the fact that some of the judges are unilingual anglophones (see Sébastien Grammond & Mark Power, “Should Supreme Court Judges be Required to be Bilingual?” in Nadia Verelli, ed, The Democratic Dilemma: Reforming Canada’s Supreme Court, Montréal, McGill?Queen’s University Press, 2013, 49 at p 51). The same is true for the Supreme Court of Canada. Thus, in the absence of language rights, the issue is one of procedural fairness. |
| [225] Il n’y avait donc aucune obligation de traduire toutes les transcriptions. Celles-ci ne faisaient pas partie du dossier que le Conseil était tenu de consulter avant d’en arriver à la recommandation contenue dans son rapport qui devait être envoyé à la ministre. En ce sens, la majorité du deuxième panel du Conseil avait raison de comparer la situation à celle de certaines des cours d’appel provinciales qui, malgré la présence de juges unilingues, sont appelées à trancher des questions sans que tout le dossier soit accessible dans les deux langues officielles. | [225] There was therefore no obligation to translate all of the transcripts. They were not part of the record that the Council was required to consult before reaching the recommendation contained in its report to the Minister. Thus, the majority of the second panel of the Council was correct to compare the situation to certain provincial courts of appeal, which, despite the presence of unilingual judges, must decide issues without having the full record available in both official languages. |
| [229] Je reconnais qu’en circulant à tous les membres du second panel du Conseil un lien électronique leur permettant d’accéder aux transcriptions, Me Sabourin facilitait l’accès à des documents aux membres bilingues et francophones, mais que les membres unilingues anglophones ne pouvaient pas comprendre le contenu de ces documents. Par contre, tous les documents, y compris les transcriptions du témoignage du juge Girouard devant le premier et deuxième Comité d’enquête, étaient des documents publics. Ainsi, même si le lien n’avait pas été envoyé aux membres du Conseil, ces documents étaient accessibles à tous sur le site du Conseil. | [229] I recognize that by circulating an electronic link to the transcripts to the full second panel of the Council, Mr. Sabourin was facilitating access to the documents for the bilingual and francophone members, but that the unilingual anglophone members could not understand the content of those documents. However, all of the documents, including the transcripts of Justice Girouard’s testimony before the first and second Inquiry Committees, were public documents. Therefore, even if the link had not been sent to the Council members, these documents were accessible to all on the Council’s website. |
| [231] Dans les motifs du deuxième panel du Conseil, il n’y a aucune indication à l’effet qu’un membre du Conseil, y compris les membres dissidents, ait exprimé le besoin d’obtenir des éclaircissements ou de consulter des pages de transcriptions citées dans une note de bas de page. L’objection des membres dissidents se limite à déplorer le fait que les transcriptions pouvaient être lues seulement par les membres bilingues et francophones. Malgré le fait qu’un membre du panel du Conseil aurait demandé si une traduction complète de la preuve serait mise à la disposition des membres unilingues anglophones, il n’y a rien au dossier qui indique que ce membre ou que les autres membres du Conseil jugeaient qu’il était nécessaire de lire les transcriptions ou mêmes qu’ils souhaitaient le faire. À cet égard, je rappelle que dix pages de transcriptions ont été traduites et fournies aux membres du Conseil à la demande d’un membre du Conseil (dossier du demandeur, vol 9 à la p 6524). | [231] In the reasons provided by the second panel of the Council, there is no indication that any member of the Council, including dissenting members, had expressed the need to obtain clarifications or to consult the pages of transcripts cited in a footnote. The objection of the dissenting members was limited to deploring the fact that the transcripts could only be read by bilingual and francophone members. Despite the fact that a member of the second panel of the Council had asked whether a full translation of the evidence would be made available to unilingual anglophone members, there is nothing in the record to indicate that this member, or that other members of the Council, deemed it necessary to read the transcripts, or even that they had any desire to do so. In that regard, I note that ten pages of the transcripts were translated and provided to members of the Council at the request of one of the Council members (Applicant’s Record, vol 9 at p 6524). |
| [232] Le deuxième Comité d’enquête, dans son rapport, et le juge Girouard, dans ses observations écrites, ont fait référence et ont cité les extraits de transcriptions qu’ils jugeaient pertinents. Le contenu complet du rapport et des observations écrites, y compris les extraits, a été traduit. Ainsi, l’information nécessaire pour assumer et exercer pleinement leur rôle afin de rendre une décision éclairée était disponible à tous les membres du Conseil dans les deux langues officielles. Il n’y a donc pas eu de violation à l’équité procédurale. | [232] The second Inquiry Committee, in its report, and Justice Girouard, in his written submission, made reference to and cited excerpts of transcripts that they deemed relevant. The complete contents of the report and written submission, including the excerpts, were translated. Thus, the information needed to fully assume and exercise their role so as to make an informed decision was available to all members of the Council in both official languages. There was therefore no breach of procedural fairness. |
| [233] Ma conclusion pourrait bien être différente s’il y avait eu des questions soulevées quant à l’interprétation faite par le deuxième Comité d’enquête par rapport à l’un des aspects du témoignage, lesquelles auraient exigé une analyse détaillée des transcriptions et que le Conseil n’aurait pas renvoyé ces questions au comité pour obtenir des éclaircissements. Par contre, ce n’est pas le cas en l’espèce puisque la question centrale était claire et simple : qu’est-ce qui s’est passé durant les 17 secondes captées sur vidéo lors de la rencontre tenue le 17 septembre 2010 entre le juge Girouard et M. Lamontagne? Dans ses 117 pages d’observations présentées au Conseil, le juge Girouard n’a pas contesté la description que le deuxième Comité d’enquête a donnée quant au contenu capté sur la vidéo. De plus, le juge Girouard n’a pas identifié une seule explication qu’il a présentée au deuxième Comité d’enquête pour justifier sa conduite et qui aurait été ignorée par le deuxième Comité d’enquête dans son analyse et son rapport. Ainsi, il n’était pas nécessaire pour les membres du Conseil de réviser les transcriptions et le juge Girouard n’a souffert aucun préjudice du fait que les transcriptions n’avaient pas été traduites. Tel que noté par la majorité, tous les membres du Conseil avaient « accès à tous les documents nécessaires pour [leur] permettre de délibérer de l’affaire de manière pleinement éclairé, indépendante et réfléchie » (Rapport du deuxième panel du Conseil au para 72). | [233] My conclusion might well have been different had questions been raised as to the second Inquiry Committee’s interpretation of one of the aspects of the testimony, which would have required a detailed analysis of the transcripts, and had the Council not referred those questions to the committee to obtain clarifications. However, this is not the case here, given that the central question was clear and simple: what was it that transpired during those 17 seconds captured on video during the meeting of September 17, 2010, between Justice Girouard and Mr. Lamontagne? In his 117-page submissions filed with the Council, Justice Girouard did not dispute the second Inquiry Committee’s description of the contents of the video recording. Moreover, Justice Girouard did not identify one single explanation that he had presented to the second Inquiry Committee to justify his conduct and that might have been disregarded by the second Inquiry Committee in its analysis and report. Thus, there was no need for members of the Council to review the transcripts, and Justice Girouard suffered no prejudice from the fact that the transcripts had not been translated. As was noted by the majority, all Council members had “access to all of the necessary documentation to enable [them] to fully consider the case in an informed, independent and thoughtful manner” (Report of the Second Panel of the Council at para 72). |

