Mazraani v Industrielle Alliance, Assurance et services financiers inc, 2018 SCC 50
| [20] Le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada. Plusieurs lois protègent le droit d’une personne de s’exprimer dans la langue officielle de son choix. Dans l’arrêt R. c. Beaulac, [1999] 1 R.C.S. 768, notre Cour a établi les principes qui doivent guider l’interprétation de tout droit censé protéger l’égalité de statut des langues officielles du Canada et l’égalité d’accès des francophones et des anglophones aux institutions du pays (par. 15 et 25). D’abord, les droits linguistiques sont des droits substantiels, et non procéduraux (par. 28). Il s’ensuit que l’État a l’obligation d’assurer leur mise en œuvre (par. 24) et qu’on ne peut y déroger (par. 28). Ensuite, « [l]es droits linguistiques doivent dans tous les cas être interprétés en fonction de leur objet, de façon compatible avec le maintien et l’épanouissement des collectivités de langue officielle au Canada » (par. 25 (soulignement dans l’original)). Enfin, ces droits se distinguent des principes de justice fondamentale, lesquels requièrent par exemple qu’un accusé soit en mesure de comprendre son procès et de s’y faire comprendre (par. 25 et 41). Ils ont un but qui leur est unique, soit le maintien et la protection « des collectivités de langue officielle là où ils s’appliquent » (par. 25). Ils ne sont pas fonction de la capacité de l’intéressé de s’exprimer dans une langue ou dans une autre. En effet, les personnes bilingues peuvent tout autant les invoquer que les personnes unilingues. | [20] English and French are the official languages of Canada. There are a number of laws that protect an individual’s right to speak in the official language of his or her choice. In R. v. Beaulac, [1999] 1 S.C.R. 768, this Court established the principles that must guide the interpretation of any right that is intended to protect the equal status of Canada’s official languages and to ensure full and equal access to the country’s institutions by Anglophones and Francophones alike (paras. 15 and 25). First of all, language rights are substantive rights, not procedural rights (para. 28). This means that the state has a duty to ensure that they are implemented (para. 24), and also that they cannot be interfered with (para. 28). Next, “[l]anguage rights must in all cases be interpreted purposively, in a manner consistent with the preservation and development of official language communities in Canada” (para. 25 (emphasis in original)). Finally, language rights are distinct from the principles of fundamental justice, which require, for example, that an accused be able to understand and be understood at his or her trial (paras. 25 and 41). These rights have a purpose that is unique to them, namely the preservation and protection of “official language communities where they do apply” (para. 25). They do not relate to the person’s ability to speak one language or another. Indeed, those who are bilingual are no less entitled to exercise them than those who are unilingual. |

