Maito v Canada (Citizenship and Immigration), 2020 FC 855
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VU les dossiers de requête des demandeurs déposés les 2 et 31 juillet 2020, qui renferment des requêtes visant à solliciter, respectivement (i) une ordonnance de prorogation du délai nunc pro tunc pour le dépôt du dossier des demandeurs, initialement dû pour le 19 mars 2020 [la requête 1]; (ii) une ordonnance enjoignant au défendeur, en tant que ministre responsable de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, de fournir aux demandeurs une traduction anglaise de l’exposé des motifs et de la décision du 24 janvier 2020 de la Section d’appel des réfugiés [la SAR] [la requête 2]; ET VU que la requête 1 a été faite par écrit en vertu de l’article 369 des Règles des Cours fédérales, DORS/98‑106, alors que la requête 2 devait être présentée en audience le 11 août 2020; ET VU la lecture faite des dossiers de requête 1 et 2 des demandeurs, du dossier de requête 1 du défendeur, et remarquant que la requête 2 sollicitait une ordonnance de redressement qui, bien qu’elle n’ait pas été sollicitée explicitement dans la requête 1, constituait néanmoins une question pertinente; ET VU la lettre du 6 août 2020 du défendeur, qui remet en cause la pertinence de la requête 2 et de l’audience, et la lettre du 8 août 2020 rédigée en réplique par les demandeurs; ET VU la décision prévoyant que la requête 1 et la requête 2 seraient tranchées ensemble par écrit, et que la requête 2 serait du coup retirée des séances générales du 11 août 2020 de Toronto; ET VU la lettre du 12 août 2020 du défendeur informant la Cour qu’il souhaite s’en remettre à son dossier de requête 1 pour les fins des deux requêtes; ET VU que la Cour a décidé d’accueillir la requête 1, qu’elle l’a modifiée telle que précisée, et qu’elle a rejeté la requête 2, pour les motifs qui suivent : I. Contexte[1] Les demandeurs allèguent, au sujet de la requête 2, que leur ancienne conseillère ne les a pas informés du fait que l’avis d’appel à la SAR serait rédigé en français (sous « langue choisie pour l’appel », « français » était sélectionné pour le demandeur principal) ni que l’appel serait instruit et que la décision serait rédigée dans cette langue. Or, l’instruction de leur demande devant la Section de la protection des réfugiés [la SPR] et la décision de cette instance s’étaient faite et rendue en anglais, la langue des demandeurs. Ceux‑ci soutiennent en outre qu’ils n’ont pas signé l’avis d’appel. [2] L’ avocat actuel des demandeurs a écrit à la SAR le 14 février 2020 et à l’ancienne conseillère le 6 mars 2020 pour demander une traduction anglaise de la décision de la SAR. Celle‑ci a répondu le même jour qu’étant donné que la langue des procédures choisie dans l’avis d’appel était le français et qu’elle n’avait reçu aucun avis de changement de langue durant le processus d’appel, la décision et l’exposé des motifs étaient en français. De plus, la SAR a informé l’avocat des demandeurs qu’en conséquence, elle ne fournirait pas de version en anglais. L’affidavit à l’appui de la position des demandeurs est muet quant à une réponse quelconque de la part de l’ancienne conseillère. [3] Les demandeurs soutiennent que puisqu’ils ont choisi l’anglais comme langue principale dès le début de leurs procédures d’immigration dans leur formulaire de fondement de la demande d’asile et que, de surcroît, ils n’ont pas signé l’avis d’appel et n’ont donc pas changé la langue des procédures entre la procédure devant la SPR et celle devant la SAR, la SAR devrait leur fournir une traduction anglaise de sa décision et de l’exposé de ses motifs. Selon eux, ils y ont droit. Ils font aussi valoir qu’une telle version leur permettrait d’examiner la décision et les motifs avec leur nouvel avocat et donc de préparer leur dossier de demande pour leur demande d’autorisation et de contrôle judiciaire déposée le 18 février 2020 en anglais. [4] Concernant la requête 1, les demandeurs sollicitent une prorogation de délai de quatorze (14) jours après la remise, par la SAR, d’une version anglaise de sa décision écrite. Le défendeur ne s’oppose pas à une prorogation de délai en soi. Cependant, il s’oppose à la demande présentée à la Cour afin qu’elle ordonne à la SAR de préparer et de fournir aux demandeurs une version anglaise de sa décision. II. Analyse[5] Je ne suis pas convaincue que les demandeurs ont subi une injustice ou ont éprouvé des difficultés en l’espèce ni, pour fins de précision, qu’il y ait eu une quelconque atteinte à l’intérêt public. Bien que la SAR ait l’obligation de fournir ses décisions dans les deux langues officielles, aucune des conditions qui la contraint à les mettre simultanément à la disposition du public n’est applicable en l’espèce : Loi sur les langues officielles, LRC 1985, c 31 (4e suppl.), art 20(1) [la LLO].Sinon, une décision est rendue d’abord dans l’une des langues officielles, puis dans les meilleurs délais dans l’autre langue officielle, sauf si le retard serait préjudiciable à l’intérêt public ou causerait une injustice ou un inconvénient grave à une des parties au litige : LLO art 20(2). [6] Pour paraphraser une décision antérieure de notre Cour, je conclus : « [qu’] il n’est pas établi dans le dossier que [les demandeurs ont] explicitement demandé au [décideur] avant ou durant l’audience […] que la décision soit rendue ou traduite en anglais » : Sztern c Canada (Procureur général), 2010 CF 181 au para 72. Les Règles de la Section d’appel des réfugiés, DORS/2012‑257 [les Règles de la SAR] exigent d’un appelant qu’il choisisse le français ou l’anglais comme langue de l’appel et qu’il l’indique dans l’avis d’appel : Règles de la SAR, art 22(1). Un appelant qui souhaite changer la langue de l’appel doit le faire conformément au paragraphe 22(3) des Règles de la SAR, soit en avisant par écrit, sans délai, la Section et le ministre; si une date a été fixée pour une procédure, l’avis doit être reçu par ses destinataires au plus tard vingt jours avant cette date. [7] Quoique les demandeurs aient allégué qu’ils n’ont pas signé l’avis d’appel et qu’ils ne l’ont eu sous les yeux que lorsque le demandeur principal a souscrit l’affidavit à l’appui de la requête 2 le 30 juillet 2020 « il est clairement établi en droit qu’une personne doit subir les conséquences de son mauvais choix de procureur » [renvoi omis] : Rohini c Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2005 CF 1488, para 21. Je remarque que les demandeurs n’ont pas allégué l’incompétence de leur ancienne conseillère, mais plutôt qu’ils n’ont pas vu ni signé l’avis d’appel avant que la SAR n’ait rendu sa décision et l’exposé de ses motifs. De plus, rien dans la preuve ne montre que la SAR avait connaissance d’une quelconque limite au pouvoir qu’avait leur ancienne conseillère d’agir en leur nom comme elle l’a fait : Bemar Construction Ltd c Canada, 1999 CanLII 8955 aux para 11‑12. [8] En outre, rien dans la preuve ne montre que l’ancienne conseillère des demandeurs n’a pas fourni la version traduite de la décision et de l’exposé des motifs de la SAR lorsque l’avocat actuel des demandeurs les a demandés. Bien que les demandeurs aient réitéré leurs doléances à l’égard de la langue dans laquelle la décision de la SAR est rédigée dans leur demande d’autorisation et de contrôle judiciaire déposée le 18 février 2020, ils ont tout de même invoqué des motifs qui démontrent une compréhension au moins partielle de la décision de la SAR. Par exemple, les demandeurs font notamment valoir que le tribunal a commis une erreur de droit lorsqu’il a statué qu’ils n’étaient pas des réfugiés au sens de la Convention ou des personnes à protéger. Ils prétendent aussi qu’il a commis une erreur en droit lorsqu’il a tiré des conclusions déraisonnables, sélectives et inadéquates, qu’il s’est mépris dans l’application du droit et des guides jurisprudentiels, qu’il a fait fi d’éléments de preuve, qu’il a pris en compte des éléments de preuve non pertinents, qu’il a mal interprété la preuve qui lui a été proprement soumise, qu’il a tiré des conclusions de faits erronées sans apprécier la preuve produite et qu’il ne l’a pas l’analysée adéquatement. [9] Ainsi, tout comme le juge Zinn de notre Cour l’a conclu dans son ordonnance du 20 mars 2013 dans l’affaire Hussein c Canada (MCI), IMM‑10939‑12, je juge que si l’avocat actuel des demandeurs a besoin de la version anglaise de la décision de la SAR ou de tout autre document au dossier de la demande, il lui revient, ainsi qu’aux demandeurs, de faire les démarches nécessaires pour obtenir une version traduite. Ce fardeau n’est pas celui de la SAR ou de notre Cour puisque les demandeurs étaient représentés par une conseillère qui a choisi que l’instruction de l’appel de la décision de la SPR soit menée en français. III. Conclusion[10] Je rejette donc la requête 2. En ce qui concerne la requête 1, je suis prête, vu les circonstances, à accorder aux demandeurs une prorogation de délai de quatorze [14] jours, à compter de la date de la présente ordonnance, pour signifier et déposer leur dossier. ORDONNANCE dans le dossier IMM‑1194‑20 LA COUR ORDONNE : 1. En ce qui concerne la requête des demandeurs à l’égard d’une ordonnance de prorogation de délai nunc pro tunc pour le dépôt de leur dossier, qui était initialement dû pour le 19 mars 2020, une prorogation de délai de quatorze [14] jours pour signifier et déposer leur dossier en l’instance leur est accordée à partir de la date de la présente ordonnance; 2. En ce qui concerne la requête des demandeurs visant à enjoindre au défendeur, en tant que ministre responsable de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, de fournir aux demandeurs une traduction anglaise de l’exposé des motifs et de la décision du 24 janvier 2020 de la Section d’appel des réfugiés, celle‑ci est rejetée; 3. Aucuns dépens ne sont adjugés. |
UPON Applicants’ motion records filed on July 2 and 31, 2020 containing motions for, respectively, (i) an order for an extension of time nunc pro tunc for the filing of the Applicants’ Record initially due on March 19, 2020 [Motion 1], and (ii) an order directing the Respondent, as the Minister responsible for the Immigration and Refugee Board of Canada, to provide the Applicants with an English translation of the January 24, 2020 decision and reasons of the Refugee Appeal Division [RAD] [Motion 2];
AND UPON noting Motion 1 was made in writing under Rule 369 of the Federal Courts Rules, SOR/98-106, while Motion 2 was made returnable for oral hearing on August 11, 2020; AND UPON reading Applicants’ Motion 1 Record and Motion 2 Record, and Respondent’s Motion 1 Record, and noting Motion 2 requested an order for relief that, while not requested specifically in Motion 1 nonetheless was raised as a relevant issue; AND UPON considering the Respondent’s August 6, 2020 letter, questioning the necessity of Motion 2 and the oral hearing, and Applicants’ August 8, 2020 letter in response; AND UPON directing that Motion 1 and Motion 2 would be determined together in writing, and that Motion 2 therefore would be removed from Toronto-General Sittings on August 11, 2020; AND UPON considering Respondent’s August 12, 2020 letter informing the Court that the Respondent wishes to rely on the Respondent’s Motion 1 Record for both motions; AND UPON the Court determining to grant Motion 1, but varied as indicated, and dismiss Motion 2, for the reasons that follow: I. Background[1] Regarding Motion 2, the Applicants allege that their former counsel did not inform them that the Notice of Appeal to the RAD would be filed in French (under “Langue choisie pour l’appel”, “Français” was “checked” for the Principal Applicant) nor that the appeal proceeding would be conducted and hence, the decision would be rendered in French. The underlying Refugee Protection Division [RPD] proceeding and decision were in English, the Applicants’ language. The Applicants further allege that they did not sign the Notice of Appeal. [2] The Applicants’ current counsel wrote to the RAD on February 14, 2020, and to the former counsel on March 6, 2020, to request an English version of the RAD decision. The RAD responded the same day that because the language of procedure selected in the Notice of Appeal was French, and because it did not receive any request for change of language during the appeal process, the decision and reasons were in French. The RAD further informed counsel that for these reasons, the RAD would not be providing an English version. The Applicants’ supporting affidavit is silent regarding any response from their former counsel. [3] The Applicants argue that because they chose English at the outset in their Basis of Claim form as the language for their immigration proceedings and because they did not sign the Notice of Appeal and hence, they did not change the language of proceedings from the RPD to the RAD, the RAD should provide them with an English translation of its decision and reasons. They are entitled to it. They further argue that an English translation would enable them to review the decision and reasons with their new counsel and thus prepare their Application Record in respect of their Application for Leave and Judicial Review filed on February 18, 2020 in English. [4] Regarding Motion 1, the Applicants request an extension of time of fourteen (14) days after the RAD supplies the English version of its written decision. The Respondent does not object to an extension of time per se. The Respondent opposes, however, the Applicants’ request to have this Court direct the RAD to prepare and provide the Applicants with an English translation of its decision. II. Analysis[5] I am not persuaded that the Applicants have suffered any injustice or hardship in this case nor, for clarity, that there is any prejudice to the public interest. While the RAD has a duty to provide its decisions in both official languages, neither of the circumstances that require the RAD to make its decisions available simultaneously in both official languages is applicable in this case: Official Languages Act, RSC 1985, c 31 (4th Supp) [OLA], s 20(1). Otherwise, a decision shall be issued first in one official language and then, at the earliest possible time, in the other official language, unless the delay would be prejudicial to the public interest or result in injustice or hardship to any party to the proceeding: OLA s 20(2). [6] To paraphrase an earlier decision of this Court, I find that “[t]here is no evidence on file that [the Applicants] made a specific request to the [decision maker] prior or during the […] hearing for the decision to be rendered or translated in English”: Sztern v Canada (Attorney General), 2010 FC 181 at para 72. The Refugee Appeal Division Rules, SOR/2012-257 [RAD Rules], require an appellant to indicate their language of choice, English or French, in the notice of appeal: RAD Rules s 22(1). An appellant wishing to change the language of the appeal must do so in accordance with subsection 22(3) of the RAD Rules, namely, by notifying the Division and the Minister in writing without delay and, if a date for a proceeding has been fixed, the notice must be received by their recipients no later than 20 days before that date. [7] Notwithstanding the Applicants’ allegation that they did not sign the Notice of Appeal, nor see it until just before the Principal Applicant swore the supporting affidavit dated July 30, 2020 regarding Motion 2, “[t]he law is clear that an individual must bear the consequences of hiring poor counsel” [citations omitted]: Rohini v Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2005 FC 1488, para 21. I note that the Applicants have not alleged that their former counsel was poor, but rather that they did not see nor sign the Notice of Appeal until after the RAD issued its decision and reasons. In addition, there is no evidence that the RAD was aware of any limitation on the Applicants’ former counsel to act on their behalf in the manner that she did: Bemar Construction Ltd v Canada, 1999 CanLII 8955 at paras 11-12. [8] Further, there is no evidence that the Applicants’ former counsel did not provide the requested translation of the RAD decision and reasons when asked by their current counsel. Though the Applicants repeated their complaint regarding the language of the RAD decision in their Application for Leave and Judicial Review filed on February 18, 2020, nonetheless they raised grounds consistent with having some understanding of the RAD decision. For example, the Applicants’ grounds include that the Tribunal erred in law when it determined that the Applicants are not Convention Refugees and are not Persons in need of Protection and that it erred in law by: making selective, inadequate and unreasonable findings; misapplying the law and jurisprudential guidelines; ignoring evidence, taking into account irrelevant evidence, misinterpreting evidence properly before it, making erroneous findings of fact without regard to the evidence before it, and failing to properly understand the evidence. [9] Thus, as Justice Zinn of this Court found in his March 20, 2013 Order in Hussein v Canada (MCI), IMM-10932-12, I similarly find that if the Applicants’ current counsel requires the RAD decision or any other material in the Application Record to be in English, then the burden to obtain a translation is on the Applicants and their counsel; it is not on the RAD or this Court given that the Applicants were represented by counsel who chose to have the appeal of the RPD decision conducted in French. III. Conclusion[10] I therefore dismiss Motion 2. Regarding Motion 1, I am prepared in the circumstances to grant the Applicants an extension of time of fourteen [14] days from the date of this Order to serve and file the Applicants’ Record.
ORDER in IMM-1194-20 THIS COURT ORDERS that: 1. Regarding the Applicants’ motion for an order for an extension of time nunc pro tunc for the filing of the Applicants’ Record initially due on March 19, 2020, the Applicants are granted an extension of time of fourteen [14] days from the date of this Order to serve and file their Record in this proceeding; 2. Regarding the Applicants’ motion for an order directing the Respondent, as the Minister responsible for the Immigration and Refugee Board of Canada, to provide the Applicants with an English translation of the January 24, 2020 decision and reasons of the Refugee Appeal Division, the motion is dismissed; 3. There are no costs. |
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