Thibodeau v St. John’s International Airport Authority, 2020 FC 858
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ORDONNANCE ET MOTIFS I. Contexte[1] Le commissaire aux langues officielles (le « commissaire ») introduit une requête visant à obtenir l’autorisation d’intervenir sur quatre (4) questions distinctes dans la présente affaire. La défenderesse, l’administration de l’aéroport international de St. John’s (l’« aéroport »), consent à la demande d’intervention du commissaire sur les questions 1 et 2. L’aéroport s’oppose à la requête en intervention du commissaire sur les questions 3 et 4. Le demandeur, Michel Thibodeau (M. Thibodeau), consent à la requête en intervention sur les quatre questions. [2] Pour situer le contexte, je souligne que M. Thibodeau connaît bien la question des contentieux en matière de droits linguistiques ainsi que les processus dont sont saisis le commissaire et les tribunaux. D’après le dossier qui m’est présenté, en date du 1er avril 2020, vingt (20) plaintes à l’encontre de l’aéroport et des douzaines de plaintes contre d’autres organisations, déposées par M. Thibodeau, étaient en instance. Entre janvier 2017 et le milieu de l’année 2019, M. Thibodeau a déposé plus de 200 plaintes auprès du bureau du commissaire. En outre, il s’est présenté devant toutes les instances judiciaires, notamment la Cour fédérale, la Cour d’appel fédérale et la Cour suprême du Canada, au sujet de questions linguistiques. II. Motifs pour lesquels le statut d’intervenant a été demandé[3] Le commissaire a d’abord demandé à intervenir sur les quatre questions suivantes, énoncées au paragraphe 15 de son avis de requête :
III. Dispositions législatives[4] Les dispositions législatives applicables en l’espèce sont exposées à l’annexe des présents motifs. IV. Jurisprudence applicable[5] La Cour doit prendre en compte plusieurs facteurs pour décider s’il y a lieu d’accorder à une partie le statut d’intervenante (décision Rothmans, Benson & Hedges Inc. c Canada (Procureur général), 1989 CanLII 9432 (CAF), [1990] 1 CF 90, 103 NR 391 (CAF); récemment confirmée dans l’arrêt Sport Maska Inc. c Bauer Hockey Corp., 2016 CAF 44, 480 NR 387 au paragraphe 41 [Sport Maska]. Dans Sport Maska, la Cour énonce six (6) facteurs non exhaustifs. Il n’est pas nécessaire que tous ces facteurs soient respectés par une partie pour qu’elle obtienne le statut d’intervenante. Il s’agit des facteurs suivants :
[6] Dans l’arrêt Canada (Procureur général) c Première Nation Pictou Landing, 2014 CAF 21, 456 NR 365 au paragraphe 10 [Pictou Landing], le juge Stratas, siégeant seul en tant que juge des requêtes, a examiné les facteurs supplémentaires suivants :
[7] En réalité, les critères à respecter sont souples, car chaque requête en intervention est différente. Grâce à la souplesse des critères, la Cour peut examiner les faits, les questions de droit et le contexte propre à chaque dossier. Au paragraphe 42 de l’arrêt Sport Maska, la Cour d’appel fédérale a souligné que le cinquième facteur, « L’intérêt de la justice sera-t-il mieux servi si l’intervention demandée est autorisée? », permet à la Cour de se pencher sur les circonstances et les faits particuliers de l’affaire qui fait l’objet de la demande d’intervention. Par conséquent, la Cour peut, « dans une affaire donnée, leur accorder le poids qu’elle souhaite ». (Sport Maska, au paragraphe 41). [8] Au paragraphe 40 de l’arrêt Sport Maska, la Cour d’appel fédérale a aussi souligné que la Cour, dans la plupart des cas, peut entendre et trancher une affaire sans intervenant et que « la question la plus importante consiste à se demander si l’intervenant fournira à la Cour d’autres précisions et perspectives utiles qui l’aideront à la prise d’une décision » (Pictou Landing, paragraphe 9, dernier point). Cette exigence est essentiellement la même que celle prévue à l’alinéa 109(2)b) des Règles. V. Analyse[9] L’aéroport consent à la demande d’intervention du commissaire sur les deux (2) premières questions. Bien que je ne sois pas lié par ce consentement et que je doive exercer mon propre pouvoir discrétionnaire (Atlas Tube Canada ULC c Canada (Revenu national), 2019 CAF 120, 304 ACWS (3e) 683 au paragraphe 2), j’estime que le critère établi à l’article 109 des Règles et dans la jurisprudence pertinente est respecté relativement aux questions 1 et 2. L’autorisation d’intervenir sur ces deux (2) questions sera donc accordée. [10] Je vais maintenant examiner les questions 3 et 4 énoncées dans l’avis de requête initial. L’aéroport s’oppose vivement à la requête en intervention du commissaire sur les deux (2) dernières questions. Qui plus est, l’aéroport prétend que le commissaire, dans sa réponse, cherche maintenant à intervenir sur d’autres questions que celles énoncées dans son avis de requête initial. Voici les versions divergentes de l’intervention désirée du commissaire sur les questions 3 et 4. La demande initiale se trouve dans la colonne de gauche, tandis que la demande énoncée dans sa réponse figure dans la colonne de droite.
Il faut se rappeler que le commissaire a initialement indiqué qu’il n’interviendrait pas sur les questions de recours. Dans l’affidavit du commissaire, déposé le 5 mars 2020, le commissaire a déclaré ce qui suit au paragraphe 30 : Si l’autorisation d’intervenir m’est accordé dans ce dossier, je ne prendrai pas position par rapport aux faits en litige ni sur la réclamation demandée par M. Thibodeau … Voir également le paragraphe 19 de la requête du commissaire dans lequel il affirme ce qui suit : Puisque l’intervention du commissaire vise uniquement à présenter une position juridique sur les questions de droit soulevées par la défenderesse dans son mémoire, et puisque le commissaire ne se prononcera pas sur le mérite des réclamations du demandeur, son intervention à ce stade-ci n’entrainera aucun préjudice pour les parties. [11] Je rejetterai la requête en intervention du commissaire sur la troisième question, tout simplement parce que le commissaire ne connaît pas avec certitude la nature de l’intervention qu’il désire à l’égard de cette question. En raison des diverses déclarations du commissaire, la Cour ne peut établir avec certitude la nature de l’intervention désirée. Je souscris à la prétention de l’aéroport selon laquelle le commissaire, dans sa réponse, tente de modifier la demande sollicitée dans son avis de requête initial, mais n’a pas demandé l’autorisation de le faire. [12] Si j’avais tort et que la réponse du commissaire ne modifiait en rien sa requête initiale, je rejetterais tout de même sa demande d’intervention sur la question 3, telle qu’elle a été initialement rédigée. Ma conclusion est fondée sur le motif qui suit. Aucune disposition de la Loi sur les langues officielles, LRC 1985, c 31 (4e Suppl.) ne confère au commissaire le droit d’accorder des dommages-intérêts, pas plus qu’il n’y est présenté comme possédant une expertise particulière dans ce domaine. La question en litige des dommages-intérêts et du droit à ceux-ci relève des tribunaux qui seront mieux à même de la trancher après avoir entendu les éléments de preuve et les prétentions de deux parties adverses. En toute déférence, l’intervention du commissaire dans ce débat détournerait notre attention du contentieux qui oppose les parties à cet égard. De plus, en l’espèce, j’estime que le commissaire ne peut rien apporter de plus que M. Thibodeau au débat sur la question en litige des dommages-intérêts. Ma conclusion est fondée sur les motifs qui suivent :
M. et Mme Thibodeau plaident que des dommages-intérêts peuvent être accordés en vertu du paragraphe 24(1) de la Charte et du paragraphe 77(4) de la Loi (Lavigne c Canada (Développement des ressources humaines), 1996 CanLII 3854 (CF), [1997] 1 CF 305 (CFPI); Thibodeau c Air Canada, 2011 CF 876 au paragraphe 36 [Thibodeau 2011]). Ils avancent que les trois premières étapes de l’analyse créée par la Cour suprême dans Vancouver (Ville) c Ward, 2010 CSC 27 [Ward] sont satisfaites : leurs droits linguistiques sont enfreints; les dommages-intérêts pourront les indemniser, défendre les droits linguistiques et dissuader toute nouvelle violation; et les autres remèdes ne pourront les indemniser pleinement (Ward aux paragraphes 4, 33, 38). Quant à la dernière étape, celle pour fixer le montant des dommages-intérêts, M. et Mme Thibodeau réfèrent aux décisions Ward, Thibodeau 2005, Thibodeau 2011, Air Canada c Thibodeau, 2012 CAF 246 [Thibodeau CAF] et Thibodeau c Air Canada, 2014 CSC 67 [Thibodeau CSC] et soulignent l’historique de violation de leurs droits linguistiques par Air Canada au cours des 18 dernières années. Ils suggèrent alors la somme de 1 500 $ par violation en dommages-intérêts.
Dans leur avis de demande, M. et Mme Thibodeau n’ont pas demandé de dommages punitifs, mais suggèrent, dans leur mémoire et à l’audience, que des dommages punitifs pourraient être nécessaires pour indemniser le préjudice subi, reconnaître l’importance des droits linguistiques et dissuader Air Canada de continuer à violer les droits linguistiques des francophones. [13] Un examen de la jurisprudence relative à M. Thibodeau ainsi que les observations de la Cour sur les arguments de M. Thibodeau dans la décision Thibodeau c Air Canada, 2019 CF 1102, susmentionnés aux paragraphes 12(D) et (E), démontrent que M. Thibodeau est tout à fait capable de présenter ses arguments relatifs aux dommages-intérêts et n’a pas besoin de l’aide du commissaire. De plus, au moment où le commissaire a déposé la requête pour obtenir l’autorisation d’intervenir, M. Thibodeau était une personne non représentée par un avocat. Depuis, le bureau du greffe de la Cour a reçu, le 23 juillet 2020, un avis de nomination d’avocat au nom de M. Thibodeau. Étant donné qu’il est maintenant représenté, il n’est pas nécessaire que le commissaire intervienne sur cette question de dommages-intérêts. La Cour fédérale n’exigera pas l’intervention du commissaire pour statuer sur la question. En somme, en ce qui concerne la troisième question potentielle sur laquelle le commissaire souhaite intervenir, je suis d’avis que le commissaire ne satisfait pas aux volets A, C, D, E et F du critère établi dans Sport Maska énoncé au paragraphe 5, supra. [14] Concernant la question proposée no 4, l’aéroport formule des observations semblables à celles formulées relativement à la question 3, à savoir que la portée de l’intervention désirée qui est énoncée dans la réponse diffère de celle qui figure dans l’avis de requête initial. Le commissaire se sert de sa réponse pour tenter de modifier ses motifs d’intervention. Encore une fois, la demande initiale se trouve dans la colonne de gauche, tandis que la demande énoncée dans sa réponse figure dans la colonne de droite.
[15] En outre, la question en litige proposée justifiant l’intervention du commissaire est incompatible avec la thèse qu’il a défendue dans son affidavit et son avis de requête. Je souscris aux deux prétentions de l’aéroport. Quoi qu’il en soit, si ma conclusion est mal-fondée et que le commissaire ne tente pas de se servir de sa réponse pour modifier le motif de son intervention, il ressort clairement de la jurisprudence et des questions soulevées dans le présent procès entre les parties en l’espèce que le commissaire ne peut rien apporter de plus au débat que les parties. Encore une fois, je suis d’avis que le commissaire ne satisfait pas aux volets A, C, D, E et F du critère établi dans Sport Maska en ce qui a trait à la question no 4 sur laquelle il demande à intervenir. VI. Dépens[16] L’aéroport prétend que des dépens devraient être adjugés contre le commissaire, comme il s’est servi de sa réponse pour tenter de modifier son avis de requête. Selon l’aéroport, la tentative du commissaire en vue de modifier les motifs de son intervention, sans préavis, a donné lieu à des frais supplémentaires. J’admets que la conduite du commissaire devrait avoir des conséquences sur les dépens. Dans la décision Eli Lilly and Co. c Apotex Inc., 2004 CF 1015, 132 ACWS (3e) 665, au paragraphe 6, le juge Hugessen a qualifié d’« injuste et injustifiée » la tentative des demandeurs d’élargir la portée de leur requête en présentant des arguments, dans leur mémoire et oralement, qu’ils n’avaient pas mentionné dans leur avis de requête. On retrouve le même raisonnement dans l’arrêt Apotex Inc v Abbott Laboratories Ltd, 2017 ONSC 1348, 145 CPR (4e) 185. Dans les deux affaires, les juges ont accordé des dépens à la partie défenderesse. [17] Plusieurs facteurs, dont je peux tenir compte dans l’exercice de mon pouvoir discrétionnaire pour allouer des dépens, figurent à l’article 400 des Règles. Le sous-alinéa 400(3)k)(i) des Règles est tout particulièrement pertinent : « la conduite d’une partie qui a eu pour effet d’abréger ou de prolonger inutilement la durée de l’instance ». La réponse du commissaire n’est pas recevable pour les motifs qui précèdent. Par conséquent, le commissaire est tenu de payer à l’aéroport des dépens forfaitaires de 3 000 $, tout compris. |
ORDER AND REASONS I. Background[1] The Commissioner of Official Languages (the “Commissioner”) brings a motion in which he seeks permission to intervene in the within matter on four (4) distinct questions. The defendant, St. John’s International Airport Authority (the “Airport”), consents to the Commissioner’s request to intervene on questions 1 and 2. The Airport opposes the Commissioner’s motion to intervene on questions 3 and 4. The plaintiff, Michel Thibodeau (Mr. Thibodeau) consents to the motion to intervene on all four (4) questions. [2] By way of background, I would note that Mr. Thibodeau is no stranger to litigation involving language rights, nor is he unfamiliar with the processes before the Commissioner and the courts. According to the record before me, Mr. Thibodeau had, as of April 1, 2020, twenty (20) pending complaints against the Airport and dozens against other organizations. Between January 2017 and mid-2019, Mr. Thibodeau filed more than 200 complaints with the Commissioner’s office. In addition, he has appeared before all levels of the courts, including the Federal Court, the Federal Court of Appeal and the Supreme Court of Canada, on language issues. II. Bases Upon Which Intervener Status Requested[3] The Commissioner originally sought to intervene on the following four questions, which are set out in paragraph 15 of his Notice of Motion:
III. Legislative Provisions[4] The relevant legislative provisions are set out in the Schedule attached to these Reasons. IV. Applicable Jurisprudence[5] This Court must take into account a number of factors when deciding whether to grant a party intervener status (Rothmans, Benson & Hedges Inc v Canada (Attorney General), 1989 CanLII 9432 (FCA), [1990] 1 FC 90, 103 NR 391 (FCA); recently affirmed in Sport Maska Inc v Bauer Hockey Corp, 2016 FCA 44, 480 NR 387 at para 41 [Sport Maska]). Sport Maska sets out six (6) non-exhaustive factors. It is not necessary that all the factors be satisfied for a party to be granted intervener status. They are:
[6] In Canada (Attorney General) v Pictou Landing First Nation, 2014 FCA 21, 456 NR 365 at para 10 [Pictou Landing], Stratas JA, sitting alone as motions judge, considered the following additional factors:
[7] In effect, the criteria to be met are flexible because every motion to intervene is different. The flexibility of the criteria permit the Court to consider the facts, the questions of law and the unique context of each case. In Sport Maska, the Federal Court of Appeal emphasized in para 42 that “the fifth factor, i.e. ‘[a]re the interests of justice better served by the intervention of the proposed third party?’ is such that it allows the Court to address the particular facts and circumstances of the case in respect of which the intervention is sought.” Consequently, the Court may, “in any given case, ascribe the weight that the Court wishes to give to any individual factor” (Sport Maska at para 41). [8] The Federal Court of Appeal in Sport Maska also pointed out in paragraph 40 that the Court, in the majority of cases, can hear and decide a case without interveners, and that the “more salient question is whether the intervener will bring further, different and valuable insights and perspectives that will assist the Court in determining the matter (Pictou Landing, para 9, last bullet)”. This requirement is essentially the same as the one prescribed in paragraph 109(2)b) of the Rules. V. Analysis[9] The Airport consents to the Commissioner’s request to intervene on the first two (2) questions. While I am not bound by that consent and must exercise my own discretion (Atlas Tube Canada ULC v Canada (National Revenue), 2019 FCA 120, 304 ACWS (3d) 683 at para 2), I am satisfied the test set out in Rule 109 and the relevant jurisprudence are met with respect to questions 1 and 2. Leave to intervene will therefore be granted on those two (2) questions. [10] I now turn to questions 3 and 4 as set out in the original Notice of Motion. The Airport strenuously contests the Commissioner’s motion to intervene on the latter two (2) questions. In addition, the Airport contends the Commissioner, in his Reply, now seeks to intervene on different questions from those set out in his original Notice of Motion. Set out below are the differing versions of the Commissioner’s proposed intervention on questions 3 and 4. The original request is found in the left-hand column while that set out in the Reply is found in the right-hand column.
Recall that the Commissioner initially indicated that he would not intervene on the issue of remedies. In the Commissioner’s affidavit sworn to on March 5, 2020 he stated in paragraph 30 that: Translation: If I am granted leave to intervene in this case, I will not take a position with regard to the facts in dispute or on Mr. Thibodeau’s claim . . . See also paragraph 19 of the Commissioner’s motion, where he declares: Translation: Since the purpose of the Commissioner’s intervention is simply to present a legal position on the legal issues that the defendant raised in its memorandum, and since the Commissioner will not rule on the merits of the plaintiff’s claims, his intervention at this stage will not cause any prejudice to the parties. [11] I would dismiss the Commissioner’s motion to intervene on the third question for the simple reason that the Commissioner appears not to know with any degree of certainty the nature of his proposed intervention in that regard. The Court is unable to discern with certainty the nature of the proposed intervention given the varying statements made by the Commissioner. I agree with the Airport’s contention that the Commissioner appears, in his Reply, to be attempting to amend the request sought in his original Notice of Motion, but has not sought leave to do so. [12] In the event I am incorrect and the Commissioner’s original motion is not altered by his Reply, I would still dismiss his request to intervene on question number 3 as originally crafted. I reach this conclusion for the following reason. Nowhere in the Official Languages Act, RSC 1985, c 31 (4th Supp) is the Commissioner permitted to award damages, nor is he held out as having any particular expertise in that domain. The issue of damages and entitlement thereto is a matter for the Courts and best addressed by the Courts after having heard the evidence and the arguments advanced by two opposing litigants. The Commissioner’s input into such an issue, would, with respect, constitute a distraction from the legitimate lis between the parties in that regard. Furthermore, on a micro level particular to this case, I am convinced there is nothing the Commissioner can bring to the table on the issue of damages that Mr. Thibodeau is unable to advance. I reach this conclusion for the following reasons:
Mr. and Mrs. Thibodeau argue that damages may be granted under subsection 24(1) of the Charter and subsection 77(4) of the Act (Lavigne v Canada (Human Resources Development), 1996 CanLII 3854 (FC), 1997 1 FC 305 (FCTD); Thibodeau v Air Canada, 2011 FC 876 at paragraph 36 [Thibodeau 2011]). They submit that the first three steps of the analysis established by the Supreme Court in Vancouver (City) v Ward, 2010 SCC 27 [Ward] are satisfied: their language rights have been breached; the damages will be able to compensate them, defend language rights and deter future breaches; and the other remedies could not fully compensate them (Ward at paragraphs 4, 33, 38). With regard to the third step consisting of determining the amount of damages, Mr. and Mrs. Thibodeau refer to the decisions in Ward, Thibodeau 2005, Thibodeau 2011, Air Canada v Thibodeau, 2012 FCA 246 [Thibodeau FCA] and Thibodeau v Air Canada, 2014 SCC 67 [Thibodeau SCC] and highlight the history of Air Canada violating their language rights over the past 18 years. They suggest the amount of $1,500 per violation as damages.
In their notice of application, Mr. and Mrs. Thibodeau did not seek punitive damages, but they did suggest, in their memorandum and at the hearing, that punitive damages could be necessary to compensate the prejudice suffered, recognize the importance of language rights and deter Air Canada from continuing to violate the language rights of Francophones. [13] A review of the jurisprudence involving Mr. Thibodeau and the Court’s observations regarding Mr. Thibodeau’s argument in Thibodeau v Air Canada, 2019 FC 1102referred to in paragraphs 12(D) and (E) above, demonstrate Mr. Thibodeau is very capable of presenting his arguments on damages and does not require the assistance of the Commissioner. Additionally, at the time the Commissioner filed the motion to intervene, Mr. Thibodeau was self-represented. Since that time, the Court Registry received, on July 23, 2020, a notice of appointment of solicitor on behalf of Mr. Thibodeau. Given that he is now represented there is no need for the Commissioner to intervene on this question of damages. The Federal Court will not require any intervention by the Commissioner to decide the question. In sum, on the issue of the third potential question about which the Commissioner wishes to intervene, I am of the view the Commissioner does not meet parts A, C, D, E, and F of the Sport Maska test set out in paragraph 5, supra. [14] With respect to proposed issue number 4, the Airport makes similar observations as it does with respect to question number 3, namely, that the scope of the proposed intervention is set out differently in the Reply than in the original Notice of Motion. The Commissioner attempts to amend his grounds for intervention via his Reply. Again, the original request is found in the left-hand column while that set out in the Reply is found in the right-hand column.
[15] The Airport further contends the proposed issue justifying intervention by the Commissioner is again inconsistent with the position taken by him in his affidavit and Notice of Motion. I agree with both the Airport’s contentions. Regardless, presuming I am incorrect in my conclusion that the Commissioner is attempting to use the Reply to amend the basis for his intervention, it is evident from a reading of the jurisprudence and the issues raised in this litigation between these particular parties that the Commissioner can bring nothing to the table that the parties are unable to bring. Again, I am of the view that the Commissioner fails to meet parts A, C, D, E, and F of the Sport Maska test as it relates to the question number 4 for which he seeks to intervene. VI. Costs[16] The Airport contends that costs should be awarded against the Commissioner given his attempts to amend the Notice of Motion via his Reply. According to the Airport, the Commissioner’s attempt to change the basis of his intervention, without notice, resulted in additional expenses. I agree that the Commissioner’s conduct should attract costs consequences. In Eli Lilly and Co v Apotex Inc, 2004 FC 1015, 132 ACWS (3d) 665 at para 6, Hugessen J described as “unfair and unjust” the plaintiffs’ attempt to widen the scope of their motion by arguing matters in their memorandum and orally that they did not mention in their notice of motion. This reasoning was also applied in Apotex Inc v Abbott Laboratories Ltd, 2017 ONSC 1348, 145 CPR (4d) 185. The judges in both cases awarded costs to the responding party. [17] Rule 400 lists many factors that I may consider when exercising my discretion to award costs. Particularly relevant is subparagraph 400(3)(k)(i): “whether any step in the proceeding was improper, vexatious or unnecessary.” The Commissioner’s Reply was improper for the above reasons. The Commissioner shall therefore pay the Airport lump sum costs in the amount of $3,000 all-inclusive of disbursements. |
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ORDONNANCE LA COUR ORDONNE ce qui suit :
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ORDER THIS COURT ORDERS that:
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