Les droits de la minorité francophone au Nouveau-Brunswick dans les foyers de soins de longue durée
INTRODUCTION
La question de l’accès aux services de santé en français suscite de nombreuses préoccupations chez les communautés francophones du Canada. Plusieurs études ont montré que la langue peut constituer une barrière à l’accès à des services de santé de qualité1. En règle générale, les communautés francophones en situation minoritaire ont un accès limité à des services de santé dans leur langue2. Ce constat est d’autant plus préoccupant lorsque l’on y ajoute le résultat des recherches qui montrent à quel point la langue est importante dans la livraison des services de santé. Ces études montrent également que l’absence d’accès ou un accès limité à des services de santé en français porte atteinte à la vitalité des communautés linguistiques en situation minoritaire. La vitalité d’un groupe linguistique se définit comme « ce qui rend un groupe susceptible de fonctionner en tant que collectivité distincte et active au sein d’un contexte intergroupe régional ou national »3. Certains chercheurs ont également défini la gouvernance de certaines institutions comme l’un des facteurs pouvant contribuer à la vitalité d’une communauté minoritaire4. Le secteur de la santé contribue ainsi à la complétude institutionnelle des communautés minoritaires5. Par complétude institutionnelle, nous nous référons à la prise en charge d’institutions culturelles et sociales qui donnent vie à la communauté minoritaire sur la place publique, favorisant ainsi sa vitalité et son développement6. D’autres chercheurs ont identifié la gouvernance comme étant l’un des facteurs qui déterminent la vitalité d’un groupe7. Selon eux, une communauté qui est maître de ses institutions est plus à même d’assurer son développement8. Le secteur de la santé devient, dans ce contexte, un espace de plus où il est possible pour les individus de vivre en français, contribuant ainsi à la vitalité de cette communauté. Cela étant dit, qu’en est-il des institutions destinées aux aînés en perte d’autonomie?

